lundi 1 septembre 2008

Lacrimosa

Où le réel entre en collision avec la littérature.

Lacrimosa est le récit d'un suicide, celui de la compagne de Régis Jauffret. S'emparant à sa manière de l'autofiction (et s'éloignant ainsi de la "manière" qui a fait son succès), Jauffret triture, tourne autour de son sujet, faisant de son nouveau roman bien plus qu'un simple récit de vie, mais également une interrogation constante sur les limites du littéraire à l'épreuve d'une réalité brutale et douloureuse :
"J'ai sans doute ridiculisé le réel par habitude, et puis c'est plus facile de raconter des histoires. Un observateur peu amène, pourrait dire que je tords le réel pour éviter de me cogner la tête contre son métal froid".

Correspondance tantôt tendre, tantôt féroce et grinçante, Lacrimosa est aussi, et surtout, un long dialogue entre l'écrivain et la défunte. Pour ma part,
j'ai foncé tête baissée dans ce roman, captivée par l'urgence et les images violentes qu'il recèle, happée par ses phrases où l'on tente de tout caser avant que la chute du couperet... J'ai fini par m'essouffler, lassée par une mécanique tournant - à mon humble avis - à vide : beaucoup de répétitions, un certain manque de profondeur et un sujet qui semble s'épuiser. Un bon roman, certes, mais je ne crie pas au chef-d'oeuvre...

Régis JAUFFRET, Lacrimosa, Gallimard, 2008.

1 commentaires:

Yv a dit…

C'set aussi ce que j'ai entendu dire : pas un chef d'oeuvre.