Présentation de l'éditeur« Chez les Kazanci, Turcs d’Istanbul, les femmes sont pimentées, hypocondriaques, aiment l’amour et parlent avec les djinn, tandis que les hommes s’envolent trop tôt – pour l’au-delà ou pour l’Amérique, comme l’oncle Mustafa. Chez les Tchakhmakhchian, Arméniens émigrés aux Etats-Unis dans les années 20, quel que soit le sexe auquel on appartient, on est très attaché à son identité et à ses traditions. Le divorce de Barsam et Rose, puis le remariage de celle-ci avec un Turc nommé Mustafa suscitent l’indignation générale.
Quand, à l’âge de vingt et un ans, la fille de Rose et de Barsam, désireuse de comprendre d’où vient son peuple, gagne en secret Istanbul, elle est hébergée par la chaleureuse famille de son beau-père. L’amitié naissante d’Armanoush Tchakhmakhchian et de la jeune Asya Kazanci, la “bâtarde”, va faire voler en éclats les secrets les mieux gardés. Avec ses intrigues à foison, ses personnages pour le moins extravagants et l’humour corrosif qui le traverse, La Bâtarde d’Istanbul pose une question essentielle : que sait-on vraiment de ses origines ? Enchevêtrant la comédie au drame et le passé au présent, Elif Shafak dresse un portrait saisissant de la Turquie contemporaine, de ses contradictions et de ses blessures. »
La bâtarde d’Istanbul est un livre plein de femmes. Ca crie, ça chahute, ça cuisine, ça mange, ça papote… On se croirait presque, parfois, dans un film d’Almodovar ! Sauf qu’il manque ici, à mon humble avis, l’un des grands talents du cinéaste : celui de parvenir à sublimer le trivial, voire le vulgaire.
Si je n’ai pas été totalement séduite par ce roman, dont certains passages étaient à mon goût trop cabotins et/ou anecdotiques, j’ai tout de même passé un agréable moment en sa compagnie. Au final, La bâtarde d’Istanbul est distrayante, non dénuée d’une certaine profondeur, toute en saveurs, en odeurs et en douleurs. Douleurs d’enfants trop choyés, de personnages tiraillés entre passé et présent, de femmes cherchant à exister par et pour elles-mêmes…
Les avis de Kathel et d’Amanda.
Elif SHAFAK, La bâtarde d’Istanbul, Paris, 10/18, 2008.
4 commentaires:
Vu d'ici (par moi qui n'y connais rien) je pensais la vie des Turques beaucoup plus austère... elles ont l'air de bien s'amuser...
Je suis contente que tu aies passé un bon moment avec ce livre, même si tuas quelques réserves...
Je ne suis pas non plus très au fait de la vie stambouliote... Mais cette famille de femmes haute en couleurs (comprenant une tatoueuse en talons hauts, une medium qui utilise notamment des noisettes pour lire l'avenir, des profs revêches...) me semble être une exception !
@ Kathel : je l'ai lu d'une traite, et en un clin d'oeil ! Mais je crois que mes réserves sont, avant tout, dues à un décalage entre les styles que j'adore en ce moment (ceux d'Annie Dillard, Cormac Mcarthy) et celui un peu plus "léger" d'Elif Shafak... Juste une affaire de hiatus entre la bâtarde et moi, mais rien de grave ;-)
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